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juil 2

Quel hémisphère préférez-vous ?

Categorie: Accueil, Lectures, être soi

110_f_5320164_awnqdakyzsskpnpoybno6prgxyaqf3ef.jpgEn 1981, le neurophysiologiste américain Roger W. Sperry recevait le prix Nobel de médecine pour avoir démontré que les deux hémisphères cérébraux avaient chacun un mode de fonctionnement différent. Il n’est pas question ici d’intelligence mais plutôt d’une façon différente d’appréhender les mots, l’espace, les situations…. Schématiquement, le gauche voit plutôt les choses point par point, de façon séquentielle et analytique. Le droit lui, voit les choses globalement et traite l’information dans son ensemble. Nous utilisons bien évidement les deux dans notre quotidien mais quand il s’agit de raisonner, nous en utilisons un des deux préférentiellement. Un peu comme on est droitier au gaucher. Pour la grande majorité de la population, il s’agit du gauche (environ 80% de la population des pays occidentaux). Certes me direz-vous, droitiers et gauchers vivent, travaillent ensemble sans qu’il y ait d’incidence. On ne penserait pas à imputer à notre mode de raisonnement les difficultés d’adaptation ou les différences que l’on éprouve vis-à-vis des autres mais en réalité, la différence est majeure. Si vous avez envie de vous tester, pour connaître votre préférence hémisphérique, plusieurs tests sont disponibles ici ou ici (très complets, en anglais) ou encore sur Psychologies.com. Et si vous faites partie de la minorité des « cerveaux droits », ce qui suit peut vous être utile….


Les bon côtés des « cerveaux droits » c’est qu’ils ont dix mille idées à la seconde, qu’ils sont créatifs et intuitifs, qu’ils « sentent » les ambiances et les gens, qu’ils pensent sans faire d’effort et qu’ils peuvent structurer leurs idées tout en faisant autre chose. Mais ils ont aussi leurs limites : ils fourmillent d’idées mais peuvent avoir du mal à se concentrer sur leur réalisation, ils ont tendance à faire les choses au dernier moment et à culpabiliser, et en comparaison aux autres, ils semblent peu organisés. Pas toujours capables de justifier leurs intuitions, ils sont amenés à douter d’eux même et ce qui leur parait évident ne l’est pas pour les autres, du coup ils ont parfois du mal à se faire comprendre
Il s’agit simplement d’une spécificité dans sa façon de structurer sa pensée et donc de fonctionner. Par exemple, ce qui leur semble des « intuitions » sont en fait le fruit d’une réflexion mais qui s’est faite à leur insu et pas de façon analytique, point par point comme pour la majorité de la population. Leur cerveau a un fonctionnement global qui associe des faits incomplets, des images, des émotions… C’est un peu la différence entre ceux qui vont suivre une recette étape par étape et ceux qui savent d’emblée, en lisant la liste des ingrédients, ce que çà va donner. C’est pour la majorité des « cerveaux gauches » que sont le mieux adaptés le système scolaire, les organisations et évaluations en les entreprises…… On en parle très peu dans les entreprises et je trouve cela dommage, notamment pour celles qui ont besoin de nourrir les esprits créatifs et intuitifs pour favoriser l’innovation. J’ai rencontré peu d‘entreprises où cette spécificité était réellement prise en compte par les équipes RH. Peut être avez-vous passé ou entendu parler du test MBTI, c’est ce qui se fait de plus approchant en entreprises. Pour réaliser leur potentiel, les « cerveaux droits » ne peuvent pas rester scotchés à leur bureau, ils ont besoin d’aller humer l’air du temps, de prendre « de la hauteur », il est certain que cela a des conséquences en terme d’organisation qui peuvent rendre les entreprises frileuses. La démarche de « Great Place to Work » et la façon dont elle est suivie par les grandes entreprises est intéressante. Créée en 2002 elle a couronné Google France cette année.

9782228902199.gifPour ceux qui veulent aller plus loin sur le fonctionnement des « cerveaux droits », j’ai trouvé le petit livre de la psychologue Brigitte Millêtre très bien fait. Il faut dépasser le titre un peu pompeux « Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués », mais au-delà de çà il permet de comprendre le fonctionnement spécifique aux « cerveaux droits » et la façon dont les choses sont vues par l’immense majorité, les « cerveaux gauches », de cette façon, on apprend à mieux « cohabiter » tant sur le plan professionnel que personnel. Enfin, elle donne des « trucs » afin de capitaliser sur les spécificités de ce mode de raisonnement. Brigitte Millêtre a également un site, où on trouve un peu d’information.



6 Commentaires

  1. Emilian juillet 16th, 2008 9:28

    peut-on être un peu des 2 ?

  2. Carole juillet 16th, 2008 10:48

    Oui, bien sûr. Tout d’abord parce que nos actions quotidiennes (lire, écrire, parler….) requièrent le fonctionnement des deux hémisphères. Il s’agit ici d’évoquer le mode de raisonnement le plus naturel pour chacun. Parce que nous avons tous la capacité de nous adapter, nous pouvons faire appel à des capacités qui sont typiques d’un hémisphère ou de l’autre. Mais comme tout, il y a des choses que l’on sait mieux faire, plus naturellement, que d’autres. Il s’agit ici de capitaliser sur nos atouts.

  3. marine152 juillet 24th, 2008 9:29

    J’ai adoré cet article et j’ai envie d’aller plus loin.
    J’ai découvert en faisant le test que je faisais partie des 3 personnes sur 10 qui vivent davantage en sollicitant leur hémisphère droit (j’apprécie de faire partie de cette minorité) et cela correspondont bien à ce que je vis; en revanche, étant particulièrement organisée et avec un sens de la concentration assez fort, je crois que je sollicite le gauche également…mais il faut creuser.

    En tous cas, je m’apperçois que cet article met en valeur des qualités des “droitiers” et cela me fait plaisir dans un monde où il me semble en effet que les “gauchers” du cerveau sont davantage valorisés.

    Merci d’avoir contribué à mon mieux être en m’incitant, mine de rien, à être moi.

  4. Ninon octobre 21st, 2008 22:28

    Bonsoir Carole,
    Merci pour ce blog beau, sobre avec des articles de qualité, une vraie bulle de sérénité… Je me retrouve vraiment dans les sujets abordés… J’ai toujours été tourner vers la santé / forme et le soin de soi (avec Clarins et ses huiles !) car ancienne sportive de haut niveau, mais depuis mes maternités, j’ai dévié largement vers le bio, les médecines douces, le qi qong…
    Merci pour le conseil de lecture n°2 et les serviettes en bambou Santens que j’allais acheté jeudi !!

    Concernant cet article, effectivement, cerveaux droits et gauches, commencent à faire parler d’eux dans qqes médias…
    Je me suis largement informée sur le sujet ayant une petite fille qui est précoce (non non je ne suis pas une jeune maman qui est persuadée que sa fille est mieux que les autres…) : en clair hypersensibilité, langage très fluide et vocabulaire riche à moins de 2 ans, curiosité mais émotivité… bref une énergie à canaliser pour la sublimer ! Lors de ces découvertes, j’en ai appris sur moi, car je suis également dans ce cas, donc cerveau droit (en fait j’ai appris à 31 ans que j’avais passé des tests à 5 ou 6 ans, et alors là tout est devenu clair, cela a été une révélation sur moi même et une clé de lecture sur ma vie passée). Et effectivement, dans la vie de tous les jours, les cerveaux gauches réussissent mieux (mais que veut dire réussir…) : sont plus sociables, “collent au moule”, ne se posent pas 10000 questions en une journée et ne tournent pas 10 fois une idée dans la tête. Nous les cerveaux droits ,ces créatifs incompris, nous doutons sans cesse, nous sommes impulsifs car sous perfusion d’émotions… Mais quelle joie d’être sensible ; quel bonheur d’avoir tous ces sens en éveil, cette faculté à s’émerveiller de tout, être “cerveau droit” ou précoce c’est vivre une vie à multiple dimension. Après surdoué ou pas… je ne sais pas, je dirais hyper (en n dimension) en vie !

    Bien à vous,

  5. Carole novembre 4th, 2008 1:15

    Bonsoir Ninon et merci pour vos encouragements !je vous remercie pour votre témoignage et je m’y retrouve totalement. Dans les moments de doute, on aimerait bien “débrancher” cette hyper sensibilité car on en vient à envier les “autres”, et leur vision plus tranchée et plus distante des choses. Et il y a les jours où nos “antennes” ne captent que le positif et tout d’un coup c’est très enthousiasmant cette capacité à vivre plus de dimensions (couleurs, émotions, saveurs, odeurs…) dans la vie que les “autres”. Mais l’essentiel c’est d’avoir un jour compris que l’on pouvait être différents de la majorité sans qu’il y ait de jugement de valeur, sans se sentir “moins bons” ou “inadaptés” et au contraire en capitalisant sur nos spécificités et nos atouts. C’est, je pense, ce qu’il faut réussir à transmettre à nos enfants. J’ai moi aussi une petite fille de 5 ans, très cerveau droit, et j’avoue que par moments je suis incapable de l’aider ne serait ce qu’apprivoiser le flot de ses émotions….
    Au plaisir de vous lire à nouveau.

  6. Marie mai 12th, 2010 1:34

    Merci pour cette petite capsule sur les cerveaux droits. En fait c’est davantage un cerveau de chasseur. En nature on ne peut pas être séquentiel dans une situation de survie sinon on est mort.Il faut donc capter l’information rapidement et la traiter efficacement pour survivre.Le monde actuel ne valorise pas ce type de fonctionnement parce que les grands dangers sont contrôlés.Toutefois en situation d’urgence je recommande fortement de s’entourer de cerveaux droits.
    Un lien avec Néandertal peut-être ?(voir les récentes découvertes)

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