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mar 16

Noter les publicités écologiques

Categorie: Accueil, Lectures

Constatant que l’argument écologique était souvent dévoyé dans la publicité (ce qu’on appelle ecoblanchiment ou greenwashing), l‘Alliance pour la Planète, créait en février dernier de l’Observatoire Indépendant de la Publicité dont la mission est de rendre visible l’ensemble des publicités qui utilisent l’argument écologique (radio, presse, web, affichage, etc…), afin qu’elles soient évaluées à la fois par les citoyens et par les membres de L’Observatoire, sur la base des critères suivants :

  • La publicité induit en erreur par les mots employés.
  • La publicité induit en erreur par les éléments graphiques et les couleurs.
  • La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve.
  • La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit / société / service.
  • La publicité met en scène des comportements contraires aux exigences de protection de l’environnement.

Les premières pubs viennent d’être passées au crible et les “notes” publiées (à découvrir en cliquant ici). Comme on pouvait s’y attendre, on trouve dans le palmarès une marque de lessives (Le Chat), de carburants (Total), des automobiles (Volkswagen, Renault) et des produits alimentaires (Herta). Tous les secteurs les plus “touchés” par la vague verte actuelle ! Ce qui est notable c’est que les internautes ont étés plus virulents et ont donné des notes nettement plus basses que celles de l’OIP.

Aujourd’hui et encore plus en cette période de récession, l’acte d’achat (ou de boycott) est devenu un acte politique, militant. En ce sens, la création de l’OIP, en donnant la parole au public est une initiative à saluer. Par contre, personnellement je regrette qu’ils ne donnent pas d’information sur l’identité et la fonction des membres du jury interne. On peut lire dans la presse qu’il s’agit de “personnalités engagées dans la défense de l’environnement” c’est bien vague. De mon côté, je les ai trouvés un peu durs avec Volkswagen et trop tendres avec Herta et ses soupes “100% naturelles”. Ce qui m’agace le plus n’est pas l’argument “100% naturel” mais la façon dont les industriels surfent sur la vague du ”5 fruits et légumes par jour”….. ils voudraient nous les faire avaler sous toutes les formes et surtout, les plus sophistiquées possibles histoire de les vendre un peu plus cher….

Sans parler de greenwashing, c’est vrai que certaines initiatives “vertes” me laissent songeuses (voir ce précédent billet sur Féminin Bio) …. comme dernièrement Yves Rocher qui a lancé sa gamme de cosmétiques Bio(par ailleurs d’une grande qualité et d’un très bon rapport qualité/prix!). Ils ont poussé la démarche jusqu’à compenser l’émission carbone liée à la production de cette gamme. Evidemment, j’applaudis des deux mains mais la question que je me pose c’est : pourquoi uniquement pour cette gamme ?? pourquoi ne pas engager une démarche éco-responsable plus globale ? Idem pour le magazine Elle qui a sorti il y a quelques semaines un numéro spécial Bio….. en signalant qu’il était imprimé sur papier recyclé. Parfait, ils démontrent qu’on peut associer bio et glamour ! mais pourquoi imprimer uniquement ce numéro de façon “verte” ? Je ne peux pas m’empêcher d’être dubitative sur la motivation réelle : illustration d’un concept publicitaire ou véritable prise de conscience écologique (aller voir aussi le blog Ecolomood) ? Ce sujet n’est pas simple : il est important d’encourager chaque initiative, tout en gardant l’esprit critique !

Et vous, quelles sont les publicités écologiques qui vous ont fait réagir ?



2 Commentaires

  1. Sylvaine mars 22nd, 2009 20:02

    Bonjour Carole,
    Tu es dubitative sur la motivation réelle, moi aussi! Entre coup de pub et réelle volonté de participer à préserver la planète, il y a un sacré pas à franchir! Et le numéro papier recyclé de Elle (que je découvre en te lisant) est exemplaire du procédé…
    Ce qui me choque le plus (tu le mentionnes, d’ailleurs), c’est le prix exorbitant des produits soi-disant naturels, bio etc., ainsi que les manipulations de la communication des fabricants pour exploiter la bonne volonté d’un consommateur qui voudrait bien faire quelque chose pour la planète. Beurk!

  2. Carole mars 26th, 2009 19:49

    Bonjour Sylvaine,
    Je pense que la notion de “valeur” des choses est un vrai problème aujourd’hui. Par exemple lorsqu’on compare les prix des biscuits bio vendus à la marque des distributeurs et ceux achetés en magasins bio, il y a quand même de quoi se poser des questions. Qu’est ce qui justifie un tel écart de prix ?question qui reste pour ma part sans réponse…

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